Le 11 janvier 2025, la France a officiellement rétrocédé la base militaire d'Abéché à l'armée tchadienne, marquant une étape clé dans le retrait progressif des forces françaises du Tchad. Cette cérémonie s’inscrit dans le cadre de la rupture des accords militaires entre N’Djamena et Paris, annoncée fin novembre 2024.
Le ministre tchadien des Armées, Issaka Malloua Djamouss, a qualifié cet événement de phase cruciale vers un désengagement total des troupes françaises, prévu pour le 31 janvier 2025. Située dans l’est du Tchad, la base d’Abéché, carrefour stratégique entre le nord et le sud du pays, porte les traces d’une histoire marquée par les violences de la colonisation française.
Le départ des troupes françaises y est accueilli avec soulagement par les habitants, qui voient en cette rétrocession un symbole de souveraineté retrouvée. La cérémonie a été marquée par des célébrations enthousiastes, témoignant de l’importance de ce moment historique. Depuis plusieurs jours, les forces françaises ont commencé à évacuer leur matériel militaire. Lors de la rétrocession, 90 des 120 militaires encore présents sur la base ont quitté Abéché pour rejoindre N’Djamena. Un premier convoi de matériel a été acheminé vers le port de Douala, au Cameroun.
Ce retrait reflète la volonté des autorités tchadiennes de renforcer leur autonomie militaire et de redéfinir leurs relations avec la France. Le ministre Djamouss a affirmé que cette rétrocession est irréversible et non négociable, traduisant la détermination du Tchad à tourner la page sur une présence militaire française souvent critiquée par la population.
Bien que les deux pays maintiennent des liens diplomatiques, cette transition marque un tournant dans leur coopération militaire, avec un accent désormais mis sur la souveraineté et la capacité de défense tchadienne.
LA RÉDACTION
TCHAD - Rétrocession de la base d'Abéché : un nouveau chapitre pour l'armée tchadienne et ses relations avec la France