Alors que l'année 2025 débute, les discours de fin d'année des chefs d'État ouest-africains ont révélé les priorités, espoirs et défis propres à chaque nation. Du Burkina Faso à la Guinée, en passant par le Mali, la Côte d'Ivoire et le Togo, ces interventions offrent un aperçu des ambitions nationales dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires, économiques et politiques.
Burkina Faso : le cap sur la résilience et l’unité nationale
Le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, a consacré une grande partie de son allocution aux forces armées, saluant leur engagement face aux groupes armés. Si 2024 a été qualifiée d'année difficile, il a mis en avant les avancées sécuritaires obtenues grâce à la résilience des troupes. Pour 2025, il appelle à une solidarité nationale renforcée, soutenant à la fois les efforts militaires et les initiatives de développement.
Sur le plan culturel, il a souligné l’importance du renforcement des liens avec la diaspora africaine, notamment par des projets tels que l’Institut des Peuples Noirs. Son discours reflète un double objectif : consolider la souveraineté du Burkina Faso tout en posant les bases d’une union africaine plus forte.
Mali : priorité à la culture et à la lutte contre la corruption
Le général Assimi Goïta, président malien, a insisté sur les avancées réalisées depuis le début de la transition en 2021, notamment le retrait des forces étrangères et les réformes institutionnelles. 2025 a été décrétée "année de la culture", avec l’objectif de valoriser le patrimoine malien et de raviver les valeurs nationales.
Par ailleurs, Goïta a réaffirmé son engagement à lutter contre la corruption, citant des mesures concrètes comme les procès pour crimes économiques.
Côte d'Ivoire : un départ symbolique et des ambitions économiques
Le président Alassane Ouattara a marqué les esprits en annonçant officiellement le retrait des troupes françaises d’Abidjan dès janvier 2025. Ce retrait, qu’il qualifie de "concerté", s’inscrit dans une dynamique de modernisation des forces armées ivoiriennes.
Sur le plan économique, il a présenté un bilan positif de 2024, incluant des avancées en matière de sécurité, de développement et de cohésion nationale. Les initiatives prévues pour 2025, telles que la Cité de l’Innovation et de la Culture, visent à renforcer la position de la Côte d’Ivoire comme acteur régional majeur. Enfin, il a insisté sur l’importance d’élections transparentes et pacifiques, appelant à un engagement collectif pour consolider la démocratie.
Transitions politiques et réformes : Guinée et Togo
En Guinée, le général Mamadi Doumbouya a centré son allocution sur l'organisation des élections prévues pour 2025. Il a souligné l’importance d’un recensement fiable et annoncé un référendum constitutionnel pour aligner les institutions sur les aspirations du peuple. Toutefois, les scepticismes persistent quant à la tenue effective des scrutins et à la neutralité des autorités de transition.
Au Togo, Faure Gnassingbé a présenté des réformes majeures, dont l’instauration d’un Sénat en février 2025, dans le cadre d’une transition vers un modèle parlementaire. Malgré les défis liés à la crise climatique et à l’insécurité alimentaire, il a mis en avant des mesures pour soutenir l’agriculture, améliorer les infrastructures et lutter contre la vie chère.
Convergences des discours
Ces discours traduisent des préoccupations communes : sécurité, souveraineté et amélioration des conditions de vie. Tandis que le Burkina Faso et le Mali mettent l'accent sur la lutte contre les ingérences extérieures et la valorisation de leurs identités culturelles, la Côte d'Ivoire, le Togo et la Guinée se projettent davantage sur des réformes politiques et structurelles, et sur des projets d’avenir. Un message commun traverse ces discours : l’appel à l’unité face aux défis. Qu’il s’agisse de crises sécuritaires, économiques ou climatiques, chaque dirigeant a insisté sur la mobilisation collective comme levier de transformation.
Un défi collectif pour l’Afrique de l’Ouest
Ces messages de Nouvel An illustrent la complexité des trajectoires ouest-africaines, où les dirigeants jonglent entre défis sécuritaires, enjeux de souveraineté et attentes de développement. L'année 2025 s’annonce comme une période charnière pour ces nations, appelées à renforcer leur résilience interne tout en consolidant leur rôle sur la scène régionale.
Le succès des projets annoncés dépendra de la capacité des dirigeants à concrétiser leurs engagements. Il s'agira non seulement de renforcer la confiance des populations, mais aussi de promouvoir des solutions régionales coordonnées pour relever les défis communs.
2025 pourrait marquer un tournant, à condition que l’action l’emporte sur les promesses.
LA REDACTION
Nouvel an 2025 - Ce que révèlent les discours de fin d'année en Afrique de l'Ouest