Lors de la traditionnelle cérémonie de montée des couleurs organisée en ce début d'année 2025, le Président du Faso, le capitaine Ibrahim Traoré, a livré un discours riche en symboles et en perspectives. Tout en souhaitant ses vœux au personnel de la Présidence et à l’ensemble des Burkinabè, il a rappelé la nécessité d’un engagement collectif pour la souveraineté du Burkina Faso et de l’Afrique.
Un message de résilience et d’espoir
Le Président Traoré a ouvert son discours en souhaitant «santé, prospérité et succès » à ses collaborateurs et à leurs familles pour 2025. Il a exprimé son souhait de voir cette année marquée par des avancées significatives dans la quête de bonheur pour le peuple burkinabé. «Que Dieu guide notre action, nous protège et veille sur nous», a-t-il déclaré, soulignant la dimension spirituelle et morale de ses engagements.
Une lutte acharnée contre l’impérialisme
Le capitaine Ibrahim Traoré a réaffirmé l’importance de la lutte contre l’impérialisme, qu’il considère comme une priorité fondamentale. « Cette lutte doit être intégrée dans nos gènes », a-t-il martelé, insistant sur la nécessité d’une vigilance quotidienne face aux forces qui, selon lui, cherchent à maintenir l’Afrique sous domination étrangère.
Il a salué le travail des forces armées burkinabé dans leur combat contre « les valets manipulés » et les groupes terroristes, tout en appelant à un changement profond de mentalité au sein de l’administration. « La décolonisation mentale est la partie la plus difficile», a-t-il souligné, exhortant ses concitoyens à revenir à leurs sources culturelles pour mieux s’émanciper.
Critique des accords coloniaux et des conseillers militaires
Le président s’est longuement attardé sur les enjeux des accords de défense hérités de l’époque coloniale. Il a dénoncé leur rôle dans le maintien d’une dépendance militaire et a fustigé la présence de conseillers militaires étrangers, accusés d’affaiblir les capacités des armées africaines.
Selon Ibrahim Traoré, ces accords ne visent pas à renforcer les États africains, mais à préserver les intérêts des anciennes puissances coloniales, notamment la France. « Tant que ces conseillers militaires sont là, vous n’êtes pas indépendants », a-t-il affirmé, appelant à une rupture nette pour bâtir une armée véritablement souveraine.
Un appel à la prise de conscience collective
Le discours a également été marqué par des critiques directes à l’égard du président français Emmanuel Macron, notamment pour ses récents propos jugés offensants envers les Africains. Ibrahim Traoré a dénoncé ce qu’il perçoit comme une vision méprisante de l’Afrique et a exhorté les Africains à se réveiller.
« Nous devons travailler à être indépendants, à faire en sorte que nos peuples connaissent le bonheur », a-t-il insisté, en appelant à l’unité et à l’autosuffisance. Pour lui, le combat contre l’impérialisme ne se limite pas au domaine militaire, mais englobe également la souveraineté économique, alimentaire et culturelle.
Perspectives pour 2025
Le Président de la transition a invité les Burkinabé à faire preuve de résilience et d’engagement tout au long de l’année 2025. « Que cette année soit celle où nous aurons apporté un grand plus à notre nation », a-t-il déclaré, avant de conclure par la devise révolutionnaire : « La Patrie ou la Mort, Nous Vaincrons ! ».
Ce discours s’inscrit dans la continuité de la vision panafricaniste et souverainiste portée par le chef de l’État, qui entend mobiliser le Burkina Faso et l’Afrique dans leur quête de dignité et d’autodétermination.
LA RÉDACTION
BURKINA FASO - Le Président Ibrahim Traoré appelle à une mobilisation générale contre l’impérialisme