Depuis son lancement en 2019, la constellation de satellites Starlink, opérée par SpaceX, l’entreprise d’Elon Musk, a révolutionné l’accès à Internet dans les zones les plus reculées du globe. Mais aujourd’hui, le milliardaire ne se contente plus de connecter les déserts numériques : il ambitionne de s’implanter durablement sur le marché des télécommunications, une initiative qui inquiète les acteurs historiques du secteur.
Starlink : une expansion fulgurante
Avec plus de 7 000 satellites en orbite basse en septembre 2024 et un objectif à terme de 42 000 unités, Starlink est devenu le plus grand réseau satellitaire au monde. Ce projet titanesque vise à offrir un Internet haut débit à faible latence grâce à des satellites positionnés à environ 550 km d’altitude. Contrairement aux satellites traditionnels géostationnaires, cette configuration permet de réduire significativement les délais de transmission des données.
Starlink revendique déjà plus de 4 millions d’abonnés dans plus de 100 pays et continue d’élargir son offre. Initialement conçu pour desservir les régions isolées, le service s’adresse désormais aussi aux entreprises, aux croisiéristes et même aux compagnies aériennes. En parallèle, SpaceX teste des services mobiles pour concurrencer directement les opérateurs traditionnels.
Une menace pour les opérateurs historiques
L’entrée de Starlink sur le marché des télécommunications bouleverse l’équilibre établi. Les opérateurs traditionnels, qui investissent massivement dans les infrastructures terrestres comme la fibre optique ou la 5G, voient d’un mauvais œil ce concurrent venu de l’espace. En effet, Starlink propose une alternative viable dans des zones où ces technologies peinent encore à s’implanter.
Cependant, certains experts restent sceptiques quant à la capacité de Starlink à concurrencer efficacement les réseaux terrestres dans les zones urbaines densément peuplées. Les coûts d’abonnement (environ 110 $ par mois) et l’investissement initial pour l’équipement (environ 599 $) pourraient limiter son adoption massive.
Des défis techniques et éthiques
L’expansion rapide de la constellation pose également des problèmes techniques et environnementaux. Les astronomes dénoncent l’impact des satellites sur l’observation du ciel nocturne et les interférences avec les radiotélescopes. De plus, la multiplication des objets en orbite augmente le risque de collisions et de débris spatiaux, une préoccupation majeure pour des agences comme la NASA.
En réponse, SpaceX a introduit des technologies visant à réduire la luminosité des satellites et à éviter automatiquement les collisions. Mais ces mesures ne suffisent pas toujours à apaiser les critiques23.
Un secteur en pleine mutation
Face à cette concurrence venue du ciel, d’autres acteurs se mobilisent. OneWeb, Amazon (avec son projet Kuiper) ou encore des initiatives nationales tentent de rivaliser avec Starlink. D’ici 2030, on estime que plus de 100 000 satellites pourraient être en orbite autour de la Terre.
En attendant, Elon Musk continue d’avancer ses pions. Avec des revenus attendus à près de 11,8 milliards de dollars en 2025 pour Starlink seul, SpaceX pourrait devenir un acteur incontournable non seulement du spatial mais aussi des télécommunications terrestres.
Les opérateurs historiques devront-ils revoir leur stratégie face à cette révolution technologique ? L’avenir nous dira si Starlink parviendra à transformer durablement le paysage des télécoms ou si ses ambitions se heurteront aux réalités économiques et réglementaires du secteur.
LA RÉDACTION
TECH - Starlink : Elon Musk s'attaque au marché des télécoms, les opérateurs traditionnels sur leurs gardes